Lettre à mes chers patrons (et à ceux des autres)

Je suis journaliste depuis presque 20 ans, dont 15 passés à la pige.
Je voulais vous rappeler à toutes fins utiles, Messieurs les patrons, que vous réalisez chaque année la bagatelle de 60 millions d’euros d’économies sur le dos des journalistes pigistes, parce que vous ne payez pas de loyer, ni ne participez à nos investissements dans [...]

Je suis journaliste depuis presque 20 ans, dont 15 passés à la pige.

Je voulais vous rappeler à toutes fins utiles, Messieurs les patrons, que vous réalisez chaque année la bagatelle de 60 millions d’euros d’économies sur le dos des journalistes pigistes, parce que vous ne payez pas de loyer, ni ne participez à nos investissements dans nos outils de travail, entre autres. La liste est longue. J’avais déjà donné ce chiffre lors des Assises extraordinaires du journalisme en janvier dernier. 60 millions d’euros, c’est 10 % de la somme qui vous a été promise par Nicolas Sarkozy sur trois ans à la suite des États généraux.

Moins payés d’année en année

Je voulais vous rappeler que depuis 40 ans ou presque, le prix du feuillet n’a quasi-pas bougé, de 18 euros, si ça existe, à 80 euros environ, c’est la fourchette que nous constatons, et que dans ces conditions, l’augmentation annuelle du coût de la vie est pour notre pomme. Pour moi, voilà 15 ans que ça dure.
Vous rappeler aussi que depuis 15 ans, la taille des papiers, qui conditionne directement nos salaires puisque nous sommes tâcherons, a été divisée par deux, ou trois. Et ce alors que le travail à fournir reste le même pour récolter et vérifier les informations. Nous travaillons autant pour gagner deux à trois fois moins.

Vous rappeler que les journalistes pigistes sont depuis toujours la variable d’ajustement des rédactions, tant en volume de travail qu’en délais de production. Que nous travaillons toujours plus vite, dans des conditions de plus en plus difficiles, sans la moindre considération.

Mépris de la loi

Vous rappeler que vos principales fédérations patronales refusent d’ouvrir un semblant de négociation sur l’établissement de barèmes de piges, qu’il est toujours difficile dans les entreprises d’obtenir des augmentations annuelles du prix du feuillet. Seules deux branches (SPPMO et SPQN) disposent aujourd’hui d’un barème.

Vous rappeler que vous rechignez de plus en plus fréquemment à rémunérer les photographes en salaires en leur imposant le régime - nettement plus avantageux pour vous - des droits d’auteurs.  Et encore, lorsque vous n’avez pas recours aux banques d’images libres de droits ou à Flickr pour illustrer vos sites web.

Vous rappeler que dans l’audiovisuel, vous avez recours sans gêne aux CDD à répétition ou encore à l’intermittence du spectacle pour employer les journalistes, là encore en complète violation de la loi qui fait de tout journaliste un salarié de plein droit (article L7112 du code du travail) .

Vous rappeler que vos fédérations patronales ont réussi l’année dernière à faire signer par trois syndicats inconscients ou intéressés, un accord réduisant les droits des journalistes pigistes en enfonçant la convention collective dont nous relevons depuis 1974 et le code du travail.

Vous rappeler que le mépris n’appelle que le mépris.

Vous dire enfin que, personnellement, qu’après 15 ans de lutte pour la conserver, je ne demanderai probablement pas le renouvellement de ma carte de presse en 2010. Vous dire que je me penche aujourd’hui sur l’éventualité de quitter ce métier, exercé avec passion pendant toutes ces années Vous trouverez probablement de nombreux jeunes journalistes prêts à travailler pour une bouchée de pain pour me remplacer. Certes, cela vous ira, je sais que vous vous foutez de l’expérience et de l’expertise, jamais rémunérées, que j’ai accumulées pendant 20 ans.
Vous dire enfin que ce ne sont pas tant les questions financières qui me poussent aujourd’hui à envisager autre chose dans ma vie professionnelle qu’une question d’honneur. Je n’ai simplement pas envie que mes enfants puissent comprendre un jour que leur père ait dû s’humilier ainsi socialement pour un salaire sans lien avec ses compétences et son investissement durant toute sa carrière pour faire vivre les valeurs de son métier, donc de la démocratie.

23 Commentaires

  1. Ruf_us a ajouté ces quelques mots le 14, October 2009 | Permalien

    Salut.

    Perso je suis dans une situation différente, mais pas meilleure: je suis le jeune journaliste pigiste près à (presque) n’importe quoi pour bouffer. Je vais bientôt avoir ma première carte de presse.

    Je suis admiratif de ta patience, j’imagine le niveau de passion qu’il faut pour tenir 15 ans. Je ne sais pas si j’irai jusque là. Chaque jour, je réalise un peu plus que n’importe qui d’autre, dans n’importe quelle autre branche professionnelle est plus considéré que nous. Ailleurs il existe un code intitulé “droit du travail”.

    Alors bravo, bravo d’avoir tenu aussi longtemps. C’est peut être un petit merdeux qui te le dit, mais crois-le: Ce n’est pas parce que tu abandonnes qu’ils auront gagnés.

  2. admin a ajouté ces quelques mots le 14, October 2009 | Permalien

    il n’est pas question de petit merdeux ou de vieux cons :D Juste d’exercer ce métier dans la dignité ;)
    Yann

  3. Aurélia a ajouté ces quelques mots le 14, October 2009 | Permalien

    Non, Yann, pas toi! Pas un “monument de résistance du journalisme français contemporain”! ( hum, classification toute personnelle). Tu le sais bien, on a besoin de journalistes DIGNES de ce nom. De journalistes qui refusent de travailler pour une bouchée de pain. Tu n’es pas le seul.
    Allez!!!

  4. Stéphanie a ajouté ces quelques mots le 14, October 2009 | Permalien

    Pour ma part j’ai fait quelques années comme pigiste à Paris puis comme pigiste correspondante à l’étranger. Et usée par le manque de considération des rédactions, j’ai décidé d’arrêter le journalisme il y a deux ans. Je travaille maintenant pour une ONG ; c’est pas beaucoup niveau finances, mais je suis reconnue pour mon travail… Et ça fait du bien !

  5. xavier toutain a ajouté ces quelques mots le 14, October 2009 | Permalien

    Cher Yann, je sentais bien que cette déclaration allait arriver… et elle est là.
    Oui je suis d’accord, financièrement, la situation des pigistes n’est pas reluisante du tout malgré tout le plaisir que j’ai, personnellement, à exercer ce métier (intérêt des sujets, partenaires sympathiques et sérieux). Heureusement que j’ai un autre petit job qui apporte un peu de beurre dans mes épinards et que ma compagne assure mieux que moi, sinon…
    Je constate aussi avec regret que cette profession de faux indépendants n’arrive pas à se défendre correctement. Est-ce parce que la situation spécifique du pigiste est un peu boîteuse ? Est-ce parce qu’un pigiste ne peut pas lever le nez du guidon vu sa charge de boulot ? Est-ce parce qu’il ne se reconnait pas comme appartenant à un collectif de travail, qu’il ne se considère pas comme un salarié ? C’est sans doute tout cela et autre chose

  6. admin a ajouté ces quelques mots le 14, October 2009 | Permalien

    Xavier, oui il y a un peu de tout cela probablement, mais à force de réfléchir, je me dis finalement qu’il n’y a rien à y faire. Notre métier n’est pas capable de se défendre, de s’unir autour des valeurs qui le fondent, par peur de perdre son taf ou fainéantise, les deux peut-être… Alors à quoi bon ? le temps est arrivé probablement où le support naturel du journalisme n’est plus la presse, au sens large…

  7. François Dupin a ajouté ces quelques mots le 14, October 2009 | Permalien

    Je crains qu’ils n’y ait pas que les pigistes qui se posent ce genre de question.

  8. admin a ajouté ces quelques mots le 14, October 2009 | Permalien

    @François, oui, je suis bien d’accord, disons c’est que c’est particulièrement visibles chez les pigistes du fait de la contrainte éco plus forte. C’est vraiment l’ensemble de notre métier qui est en perdition là

  9. Luc Fayard a ajouté ces quelques mots le 14, October 2009 | Permalien

    je suis journaliste depuis bientôt 30 ans, j’ai été patron de rédactions pendant presque tout ce temps, je crois avoir embauché plus de 400 journalistes pendant toute cette carrière de salarié et fait travaillé des dizaines de pigistes qui avaient l’air assez contents de leur sort (tarif nettement supérieur à celui indiqué parce que presse spécialisée). Voilà, cétait juste un témoignage pour dire que tout n’est pas noir dans ce métier et qu’entre les patrons actionnaires et les journalistes “de base”, il y a aussi, ici et là, des rédacteurs en chef qui ont essayé de faire leur boulot. Bon courage à tous. PS: mon pb maintenant est d’essayer de renouveler ma carte de presse en tant que chômeur… :)

  10. admin a ajouté ces quelques mots le 14, October 2009 | Permalien

    @Luc. le problème n’est pas avec les rédacteurs en chef et les chefs de rubriques qui font travailler les pigistes, mais bien avec les services RH des boites et les fédérations patronales qui nous entubent :) Une des clés serait de pouvoir parvenir à créer une solidarité inédite entre les donneurs d’ordres (redchef…) et les pigistes pour lutter ensemble contre le business ;) Pour ta carte de presse, tu dois pouvoir la conserver pendant deux ans en étant au chômage je crois. Bon courage en tout cas et merci de ton témoignage ici. Yann

  11. Diane Langlumé a ajouté ces quelques mots le 16, October 2009 | Permalien

    Cher Yann,

    Je suis bien triste de lire que tu vas jeter l’éponge. Ta combativité, ton précieux militantisme pour défendre les valeurs sans cesse bafouées de ce métier… le monde de la pige perdra certainement un de ses monuments!

    Lassée de ces années de galère, de salaire de misère, fatiguée de ne jamais pouvoir envisager un avenir serein, j’ai moi-même jeté l’éponge, passé l’agrégation et rejoint le fonctionnariat des professeurs. Le salaire est toujours pathétique et les conditions difficiles, mais au moins, je sais sur quel pied danser d’un mois sur l’autre. Il est certain que je ne prendrai jamais dans ce métier le plaisir infini que j’ai pris à exercer celui de photojournaliste dans les bons jours. Mais les bons jours étaient devenus si rares.

    En photo, il faut bien plus de temps encore qu’avec une plume pour que les gens acceptent de se livrer (surtout sur les sujets difficiles que j’affectionnais), qu’ils vous signent la précieuse autorisation d’utilisation d’image; les frais de matériel sont exorbitants (impossible avec l’arrivée du numérique de s’équiper à moins de 15.000 euros si l’on veut travailler avec les grandes agences photos) et il faut sans cesse renouveler le matériel. Et l’on fait face à une armée d’amateurs qui se croient photographes parce qu’ils ont un compact numérique ou un téléphone portable qui fait photo… et que les agences accueillent à bras ouverts pour leur piquer leurs photos à des tarifs dérisoires.

    Voilà bien longtemps que le professionnalisme n’est plus une valeur, que notre société marche sur la tête. Quand je disais que j’étais photographe les derniers temps, la première question qui s’ensuivait était: “paparazzi?” Tout simplement, parce que la presse people est aujourd’hui la seule qui surnage et fait des profits, la seule qui fasse de la pub à la télé, la seule qui ait une visibilité alors que la presse quotidienne s’enfonce.

    Que dire devant la fermeture consternante des plus grands titres américains? The Christian Science Monitor, publication centenaire et au sérieux incontestable… Le New York Times qui coule ainsi que tous les autres. Je suis de plus en plus convaincue que dans quinze ans, nous n’aurons plus de presse quotidienne papier autre que les gratuits.

    Etre pigiste aujourd’hui, c’est manger du pain amer au quotidien, et qui peut vouloir ce quotidien-là, fait d’humiliations, de refus essuyés, de mépris?

    J’ai fini par penser qu’une vie digne, l’espoir dans l’avenir et la sérénité au quotidien valaient plus bien cher que mon amour de l’info.

    Merci pour ce très joli post, Yann.

  12. pige-on a ajouté ces quelques mots le 16, October 2009 | Permalien

    des larmes aux yeux en lisant cette lettre… je me reconnais presque - 9 ans de piges seulement - à chaque ligne.

    baisser les armes ? oui, peut-être aussi un jour. mais pour l’heure, j’ai encore l’espoir de pouvoir faire avancer les choses. et ça ne peut fonctionner qu’en collectif.

    a lyon où je travaille, nous avons monté un réseau tout à fait informel de pigistes. nous nous réunissons environ une fois par mois. on discute de la pratique journalistique (astuces pour gérer les pressions qui peuvent être exercées - même pour des sujets à très faible enjeu !, comment mener une investigation, quelles limites on se fixe, etc.), mais aussi pour échanger sur nos conditions de travail (tarif de la pige, fréquence, relations avec la hiérarchie, etc.). on fait aussi appel à des spécialistes qui viennent à nos réunions ; par exemple un avocat du droit du travail ou un spécialiste commercial qui nous donne quelques clefs pour mieux vendre nos piges… ben oui, on est forcé d’être un peu commercial nous-même… on s’échange aussi des plans piges.
    ça fait déjà plusieurs années que ce réseau existe, on est de plus en plus nombreux. certains nous quittent parce qu’ils changent de région, ou décrochent un CDI. ce réseau, c’est l’auberge espagnole, on y trouve surtout ce qu’on y apporte… et je crois que chacun d’entre nous y trouve beaucoup, déjà le fait d’être moins seul.

    Il y a eu des conséquences directes : plusieurs pigistes d’un même journal se sont motivés et battus pour faire élire des DP pigistes au sein de ce canard… qui ont par la suite obtenu des primes d’ancienneté pour les pigistes ayant une carte de presse depuis plus de 5 ans. c’est tout petit - toujours pas de hausse du feuillet - mais c’est un début.

    Ce n’est qu’un début.

  13. Martin a ajouté ces quelques mots le 16, October 2009 | Permalien

    Change de métier…

  14. yannk a ajouté ces quelques mots le 16, October 2009 | Permalien

    @Diane. Oui, je crois que beaucoup parmi nous sont aujourd’hui bouffés par l’amertume. Est-ce à croire que nous nous investissons aussi plus dans notre métier, dans sa pratique, que nos confrères et consoeurs intégrés, parce que nous avons la pression sans cesse ? Et que cela conduit à une fatigue plus rapide ? Peut-être.

    @pige-on (bien vu !) Bien entendu de telles solutions existent et sont valables, faire preuve de solidarité, d’entraide. Le souci c’est que finalement,nous sommes obligés d’utiliser une partie de notre énergie à nous organiser pour supporter l’inconséquence des entreprises et leur mauvaise foi :)

  15. Michel Ross a ajouté ces quelques mots le 17, October 2009 | Permalien

    Bonjour

    Encore une fois voilà bien un jugement qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez. Voilà bien une attitude très française que d’attendre que l’on finance ses propres choix. “je suis pigiste par choix, vous devez me payer mon choix”. Il vaut mieux choisir la poste ou la gendarmerie !

    Vous l’aurez compris je ne partage pas vos choix passéistes et limités ! La surprotection de la presse française tue lentement mais surement la presse. Cette même presse n’a pas compris qu’elle doit bouger, évoluer, avancer. Aujourd’hui, en très grande majorité, elle copie sur internet ce qu’elle fait sur le papier ! Avec succès. Regardez les chiffres. Et après ? Une fois qu’elle se sera auto suicidée, il faudra réinventer le papier et son contenu.

    Les “patrons de presse” comme vous le généralisez à l’image de ces syndicalistes des années 70 qui criaient à la « lutte des classes », ne sont pas tous en mesure aujourd’hui de rentabiliser leur entreprise. Certains margoulins en profitent ! D’autres ferment leurs portes. Au final, 11% de journaux rentables, 61 % en équilibre avec des niveaux de trésorerie proche du zéro,… Le reste devrait très vite fermer.

    Certes beaucoup de journaux survivent mais au prix de quels compromis ?
    Et au milieu, dinosaures arcboutés sur leurs positions, certains pigistes persuadés qu’il faut surtout ne pas bouger. Une loi Cressard des années fastes toujours sans bouger une virgule, une ligne ! Cela s’appelle la mort lente. Une très grande majorité s’y engage et d’autres tirent leur épingle du jeu. Comment ? En s’adaptant au marché, sans avoir la naïveté de penser qu’ils feront pression sur le marché ! La presse évolue, les pigistes évoluent. Les collaborations changent !

    Bien sur, c’est votre droit, de refuser cette situation et de vous battre pour revenir aux us et coutumes du passé. Votre combat est légitime et respectable… Mais dépassé.
    Laissez moi vous donner un exemple : aujourd’hui pour les dix premiers sites internet, non gérés par des supports de presse, (certains dépassent les 5 millions de visiteurs) nous retrouvons énormément d’auto entrepreneurs, d’auteurs déclarés. Vous pouvez le contester, le regretter, le combattre. Il en est ainsi. Le plus légalement du monde !

    Je trouve déplacé votre tirade sur le mépris ! Croyez vous que tous les pigistes soient des Albert Londres et que le simple fait de noircir une page leur donne des droits. Pourquoi payer la moitié d’un mauvais papier commandé ? Juste au titre d’un texte de loi ? Si vous vivez de la pige c’est que vous êtes bon… Pour combien de très mauvais ? Demandez dans les rédactions, y compris les très grosses, : quand on a quatre ou cinq très bons collaborateurs, c’est le bout du monde. Alors quel intérêt de parler de mépris là où il n’y a que de l’économie, parfois j’en conviens détournée.

    Je ne vous demande ni de changer de combat ni de juger le mien, je constate simplement.
    Notre désaccord est une énième illustration du combat des anciens et des modernes. Je ne doute pas que vous me classiez dans la première au titre d’une vision libéral des faits. « Libéral », c’est l’épouvantail, la « lutte des classes » des années 70 !

    Cordialement
    Michel Ross

  16. admin a ajouté ces quelques mots le 17, October 2009 | Permalien

    Merci Michel pour votre longue réponse, éclairante, je vous réponds un peu plus tard dans le week end.

  17. xavier toutain a ajouté ces quelques mots le 17, October 2009 | Permalien

    Le camarade (sic) Ross pourrait-il préciser ce que gagnent les auto-entrepreneurs sur le web ? Aurait-il oublié qu’on ne vit pas seulement d’amour et d’eau fraîche ? Ne’en déplaise au baba cool libéral que vous semblez être, la lutte des classes ce n’est pas terminé !

  18. Stéphanie Bujon a ajouté ces quelques mots le 17, October 2009 | Permalien

    Finalement, c’est décidé, je vais faire comme le monsieur dit : esclave, un métier d’avenir ! C’est vrai que ça se pratique tellement bien dans plein de pays modernes (Chine, Inde, Afrique…), ça serait trop bête de rester avec de vieilles théories pourries d’idéologie…
    Et puis comme ça, au moins, je n’aurai pas le temps de me plaindre.

  19. pipornriel a ajouté ces quelques mots le 18, October 2009 | Permalien

    Monsieur Michel Ross n’a peut-être pas remarqué que, en 2009, lorsqu’on est journaliste seulement depuis quelques années, le seul choix qu’on nous laisse, c’est de faire des remplacements et des piges ponctuelles pour différents journaux. La précarité quoi !

  20. admin a ajouté ces quelques mots le 18, October 2009 | Permalien

    Michel, j’ai pris le temps de répondre à votre commentaire. C’est ici http://yannsnews.info/stantibus/?p=346

  21. Monsieur Poireau a ajouté ces quelques mots le 19, October 2009 | Permalien

    Je pense que tu as raison de quitter un navire qui ne va plus nulle part.
    L’époque est ainsi faite que tout se dévalorise et se vide de sens. Après dix-sept ans, j’ai fait le même choix en tant que graphiste-maquettiste, ras-le-bol de produire de la qualité pour une misère et sans autre avenir que le lendemain !
    :-))

    [Clair qu'il manque de collectif pour combattre !].

  22. Thierry Lévy-Abégnol a ajouté ces quelques mots le 23, October 2009 | Permalien

    Je confirme ce que dit Luc Fayard. J’ai travaillé en tant que pigiste, durant 12 ans, pour les rédactions qu’il dirigeait (revues d’informatique en entreprise). Et je n’ai eu qu’à m’en féliciter. Les sujets étaient passionnants et le pigiste était roi (moi en tout cas).

    Mais ces dernières années, tout à changer. Les articles sont bien plus courts et il faut chercher le “sensationnel” ou au moins le truc qui pique. Il faut générer des clics, quoi.

    Aujourd’hui, ceux qui me payent correctement ne me sollicitent pratiquement plus (attendent-ils que je baisse mon tarif ?).

    Les autres - l’autre - renégocie régulièrement à la baisse.

    J’envisage aussi de changer de métier… peut-être traiteur car je suis le roi du couscous (je plaisante à moitié).

  23. darcy a ajouté ces quelques mots le 13, November 2009 | Permalien

    Je suis correspondant local de presse depuis 1997. Le cpl dans les quotidiens régionaux, ceux qui font vivre ces canards pour pas grand chose en retour. La crise est passé par là et depuis deux ans, les gros papiers se résument à une cinquantaine de lignes. Depuis 1997 et j’ai jamais osé demander la carte de presse de peur de perdre ce maigre revenu qu’offre les rédactions à ses cpl. Je sais, on est pas du même monde, on ne joue pas dans la même court mais depuis 1997, j’en ai écrit des lignes pourtant … Que vont devenir les cpl demain ? Ce qui est frustrant c’est que j’ai jamais été invité à un arbre de noël de la rédac ….

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