Les récentes élections destinées à composer la commission de la carte d’identité des journalistes professionnelles montrent combien notre métier est démobilisé, inexistant quand il s’agit de défendre ses valeurs. Il est évident que la commission de la carte n’est pas le gardien de toutes les vertus de notre métier, tous les débats actuels qui agitent notre profession à propos de la création d’un éventuel organe de régulation déontologique en témoignent. Mais je reviendrai sur ces sujets plus tard. Faute de quorum atteint au premier tour des élections, il faut donc en passer par un second tour.
Faire bloc
L’abstention met au jour en tout cas, à mon sens, l’absence coupable d’intérêt des journalistes pour leur métier et sa défense. Voter pour la Commission de la carte permettrait d’affirmer, face aux pouvoirs publics, que la profession est unie autour de ses représentants, syndicaux notamment, qu’elle fait bloc contre l’État et les fédérations patronales bien décidés à tailler de larges brèches dans le statut. Mais il n’en est rien. Plus difficile à percevoir peut-être, se jouent aussi lors de ses élections des questions liées à la représentativité des syndicats dans la profession…
Question de valeurs
Alors, à rester dans son coin sans se préoccuper de ce qui adviendra de notre métier, de défendre les valeurs qui le fondent, de lutter dans les entreprises pour conserver la marge de manœuvre suffisante pour produire des informations de qualité, il ne faudra pas venir crier dans un an, cinq ans, lorsque les charrettes auront mis dehors des centaines (milliers ?) de journalistes, que c’est pitié de voir cette profession disparaitre.
Tags: carte de presse, journalisme
Aller plus loin ?