Si le Mojo est l’avenir du journalisme, il ne le sera vraisemblablement que pour une frange de la profession. Le schisme entre les journalistes affectés à des fonctions techniques et ceux travaillant au grand air risque en effet de se renforcer dans les années à venir. Les technologies de communication actuelles, qui font voyager instantanément des milliers d’informations d’un bout à l’autre de la planète peuvent donner l’illusion en effet que tout peut maintenant être géré derrière un terminal informatique, en se passant du travail de terrain.
Pour autant, nos lecteurs, auditeurs, téléspectateurs ne nous accorderont crédit, à nous journalistes, qui si nous sommes capables d’aller chercher l’information à la source, de redevenir les témoins oculaires directs de l’information, de l’histoire du monde en train de se faire. La couverture, par exemple, des récents attentats de Bali, a montré combien un service comme Twitter pouvait être performant dans la diffusion instantanée de bribes d’informations, réelles et tangibles ou farfelues, de première main ou reprises des chaînes d’info en continue qui suivaient ces tragiques événements. La mission du journaliste, qui n’a pas changé, revient donc à suivre en direct, savoir trier, organiser, vérifier et publier ce qui se rapproche le plus de la réalité.
Travailler en paire
Être à la fois connecté et sur le terrain. Équation difficile à réaliser pour un seul homme ou une seule femme sur un théâtre aussi brûlant que les attentats de Bali par exemple. Il y a donc probablement des modes opératoires nouveaux à trouver — qui existent déjà dans les agences de presse de News entre les desk et les reporters — et étendre à l’ensemble des rédactions qui traitent l’actualité quand elle survient. À savoir faire travailler les journalistes en paire, l’un au bureau, l’autre sur le terrain, échangeant des informations en continue, et pourquoi pas par l’intermédiaire de Twitter pour montrer la réalité du travail que nous effectuons ?
Mais pour cela, il faudra, naturellement, que les entreprises considèrent que le travail des journalistes et sa rémunération ne soit pas uniquement un coût…
Aller plus loin ?